A Cassandre

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d’espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu’une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.

Pierre de Ronsard

Rose

Robert Mapplethorpe’s flower art photography

“I am obsessed with beauty,” he explained to Anne Horton in a 1987 interview.  “I want everything to be perfect and, of course, it isn’t.  And that’s a tough place to be because you’re never really satisfied.”  Mapplethorpe: A Biography by Patricia Morrisroe

Décoration de M. Claude Monet

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“What I need most of all are flowers, always, always”

[The scholar Paul Hayes Tucker has described the commission as “one of the artist’s major preoccupations between 1882 and 1885” and the paintings as “charming, lusciously painted, and often quite novel” (Claude Monet: Life and Art, New Haven, 1995, p. 122). Thirty-six of the paintings, including twenty-nine flower still-lifes and seven images of fruit, were hung in 1885 on six double doors in Durand-Ruel’s large drawing-room. ] Impressionist and Modern Art

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On loin du tableau de M. Puvis de Chavannes, la paix froide d’une rue de village sous la neige, par M. Pissarro. La bise a fouetté la neige qui s’amoncelle dans des angles; aux endroits où sa violente caresse a fait rage, le sol est dénudé. Les maisons, qui ne sont pas encore alourdies par l’épaisseur des couches, ont une blancheur pimpante sur le ciel sombre.
Hâtivement, des gens circulent en des attitudes transies. Le ton verdâtre des portes, des volets, accroît la sensation de froidure.
Puis, une grande toile de M. Renoir.

Drawing room of Durand-Ruels’s apartment, 35 rue de Rome, showing doors painted by Monet

Une femme, portant sur les épaules une hotte d’osier, va lentement vers la mer, dont la nappe immense forme le fond du tableau et qu’on sent, par delà le cadre, s’étaler à l’infini. Elle tourne la tête pour regarder des enfants, qu’elle a laissés derrière elle. Cette torsion entraîne une évolution correspondante du buste sur les hanches et ces deux mouvements, fort logiquement associés, sont d’une souplesse si vivante, d’une si éloquente vérité que, sous les hardes, on devine les sinuosités du flanc. La flexion dû cou se dessine en plis gras dans l’embonpoint des chairs. Un mince ruban bleu circuite dans la chevelure châtain roux et la limpidité de grands yeux pers pacifie l’éblouissante carnation du visage. Les détails de l’accoutrement, corsage brun, tablier bleu vert, jupe à reflets violacés, peints à larges touches, sont d’un fastueux éclat. Des tignasses d’un blond ardent et soyeux coiffent les figures poupines de trois enfants dont les yeux sont de bleues clartés. Pour chacun, l’or des cheveux, l’incarnat des joues, le bleu du regard, le rouge-cerise des lèvres sont associés en valeurs délicates et justes. Au blond chaud de la première petite fille correspond un vermillon plus vif, un bleu plus foncé. Les trois valeurs décroissent simultanément et s’adoucissent chez la seconde. Enfin, la toison du mince garçonnet casque de chanvre fin les joues rose tendre où s’alanguit un regard glauque.

La fraîcheur de la vision, l’instinctive compréhension de la beauté des lignes se complètent par une très grande science des harmonies et des rapports de tons. Le sentiment de l’œuvre est, en outre, exprimé par une simplicité touchante de groupement et d’attitudes : l’aînée des petites filles donne la main ù sa mignonne sœurette, avec un air d’attentive protection. Son autre main, elle l’emprisonne câlinement entre son épaule et sa figure inclinée en une pose de gêne naïve. Les frisottis et les boucles d’or encadrent de leur mobilité soyeuse la fraîcheur des joues, l’ambre des cous nus. Les membres replets ont les libres souplesses de l’enfance. De quel chatoyant éclat resplendissent ces hardes de misère : pour l’une des petites filles, c’est un jupon rouge, pour l’autre un caraco aux vieux tons cramoisis, une robe d’un bleu vif radoubée vers le bas d’étoffe à carreaux pourpres et violâtres.

Ils se promènent sur la grève parsemée de blocs, de touffes de goémon, de souples algues et de varechs. Le flot ascendant bientôt y apportera son écumante caresse. Au loin, les vagues battent leur cadence et l’on perçoit le balancement des houles, l’infini des étendues. Des voiles blanches, qu’on sent mobiles et légères sous le vent du large, évoluent en l’immensité bleue de la mer dont la grandeur incite aux mélancolies. 

Pour compléter la fête de couleurs qui éjouit son salon, M. Durand-Ruel a fait à cette peinture un cadre digne d’elle : les panneaux des portes ont été décorés par M. Claude Monet. Au lieu de monotones boiseries blanches qui couperaient de silences l’allégresse des symphonies, ce sont des fleurs aux pétales diaprés, des grappes de fruits d’or, des corbeilles où, parmi des verdures, l’éclat velouté des corolles luit fastueusement. Les trois saisons efflorescentes, le printemps, l’été, l’automne, mêlent leur grâce jeune, leur chaleur, leur chaude mélancolie.

Et comme si ce n’était pas assez de l’opulent éclat de fleurs isolées surgissant de terre, M. Claude Monet associe en bouquets d’une polychromie harmonieuse la splendeur d’ombelles, de thyrses détachés de leur tige et placés dans des vases d’un savoureux émail. La joie des efflorescences spontanées est accrue par la grâce de pimpantes unions de couleurs.

Les disques fauves et citrins des soleils fulgurent au centre de leur verte auréole lancéolée; campanules graciles, aux tons pâles, émergent de claires folioles; anémones, violettes, pourpres ou ardemment jaspées, narcisses entr’ouvrant leur calice jaune, chantent dans des touffes de verdure. La neige des reines marguerites et des azalées rosit tendrement. De vases à l’émail mat surgit une hampe qui, entre des feuilles arrondies en volutes, dresse haut, sur fond crémeux, les efflorescences roses, grenat et vieil ivoire de larges pavots. Puis, à nouveau, resplendit l’éclat velouté des narcisses et des anémones, et l’or ardent de six lourdes oranges s’associe harmonieusement à l’ombre bleue qu’elles portent sur le panneau clair, tandis que des citrons teintés de vert appendent entre leurs feuilles luisantes et recroquevillées. La candeur des dahlias, le panache bigarré des glaïeuls se mêlent aux diaprures des tulipes, à la pourpre des pêches.

L’art impressionniste d’après la collection privée de M. Durand-Ruel, 1892 ~ Georges Lecomte

Charles Jones (1866-1959)

Mildred Grant

Charles Jones was an English gardener working one hundred years ago.  In this profession he was renowned enough to have been featured in a glowing 1905 aritcle in The Gardener’s Chronicle about his place of employment, Ote Hall, Sussex.  It stated in part, “The present gardener, Charles Jones, has had a large share in the modeling of the gardens as they now appear for on all sides can be seen evidences of his work in the making of flowerbeds and borders and in the planting of fruit trees, etc…”  What no one realized then or for another seventy-five years was that this same gardener was also a photographer of uncommon sensitivity who chose as his subject matter the very produce and plants which he grew.

Flowers have always appealed to artists over the centuries and it is natural that Jones woudl have been attracted to them.  However, it is in his treatment of vegetables and fruits, the easily overlooked ingredients of our kitchen, that Jones transformed the ordinary into the extraordinary.
The strength of Jones’s photographs is in the subtlety of his arrangement, llighting and focus.  They do not have the decorative artsiness of the Edwardian age in which they were created.  Instead, his works anticipate the modernism of painters like Charles Demuth and Giorgio Morandi and photographers  such as Edward Weston and Karl Blossfeldt without the attendant formalism of twentieth century aesthetics.  The photographs of Charles Jones have a simplicity, like Shaker furniture, that is spare and direct.
In the Bermondsey antique market in London in 1981, the author and photographic collector Sean Sexton purchased a trunk that contained several hundred turn-of-the-century photographs.  Two-thirds of the images were of vegetables with the remaining third evenly divided between  between fruits and flowers.  The photographs were fastidiously annotated with the name of each plant followed by the initials C.J., although a few had the full name of the photographer…Charles Jones.  Meticulously printed gold-toned silver prints from glass plate negatives, the majority of the photographs were unique with few duplicates.  Here, three-quarters of a century after the photographs were made and twenty-two years after his death was the first appearance of the artistic work of Charles Jones.
A chance viewing of Sexton discussing the photographs on a television program by Charles Jones’s granddaughter, Shirley Sadler, brought forth his personal history but raised many  questions as answers.  A private and uncommunicative individual, Jones’s activities as a photographer were virtually unknown to his family though Mrs. Sadler remembered her aged grandfather using some discarded glass plate as cloches in his garden…
Robert Flynn Johnson 
Curator in Charge 
Achenbach Foundation for Graphic Arts
Fine Arts Museum of San Francisco

Charles Jones has been the subject of a book by Robert Flynn Johnson and Sean Sexton with a preface by Alice Waters, Plant Kingdoms: The Photographs of Charles Jones (Smithmark Publishers, New York, 1998), and of museum exhibitions at the Fine Arts Museums of San Francisco, California, in 1998, at Le Musée de l’Elysée, Lausanne, Switzerland, in 1999 and the Chicago Botanical Gardens, in 1999.


Charles Jones’ vintage photographs can be found in the collections of the Fine Arts Museums of San Francisco, Achenbach Foundation for Graphic Arts, San Francisco, the Victoria and Albert Museum, London, and the Museum of Fine Arts, Boston.

DAVIS and LANGDALE COMPANY, INC.